Qui sommes nous ?

J’ai grandi à l’ère de l’argentique. Chez nous, l’appareil photo était un membre de la famille à part entière. Mon père était photographe, il avait son labo dans notre garage, c’était fascinant d’assister aux différentes étapes du développement des films, j’étais une petite fille et pour moi c’était de la magie ! Il y a quelques temps, j’ai pu récupérer dans les affaires de famille, des cartons entiers de négatifs photos… et beaucoup de souvenirs de mon enfance ont refait surface. Comme le dit la célèbre maxime : « Rien ne se perd… Tout se transforme ! », J’ai toujours aimé la déco improbable et le détournement d’objets, et j’ai décidé de faire quelque chose de tous ces négatifs. Redonner vie aux pellicules oubliées !
L’idée première était de confectionner divers objets décoratifs ou accessoires en mettant en valeur l’image ou la prise de vue, non pas pour son contenu, mais pour ce qu’il représente : un instant de vie, un souvenir, une histoire… On ne sait rien des protagonistes, d’ailleurs, on ne les reconnait même pas grâce à la taille du film et à l’inversement des couleurs.
L’unique certitude est que le temps d’une pose, ils étaient là ! Heureux ou pas, souriants ou furtifs, en vacances, en famille ou dans une cuisine, ils ont laissé une trace de leurs existences au travers d’une photo. Chaque cliché évoque un souvenir, et chaque souvenir raconte une histoire… « Histoires de Janvier » voyait le jour.
Puis au fur et à mesure, ma démarche a évolué à force de manipuler ces pellicules, j’ai eu envie de couleurs, de formats différents, de bobines complètes, de plus de matière à exploiter. Alors j’ai élargi mon travail à d’autres supports et d’autres formats tels que le 8mm ou Super8 et les bobines de cinéma aussi en 35 mm. Dans le cinéma, tout comme dans la photo, il y a cette part de sensibilité et de souvenir qui résonne dans chacun de nous en fonction de notre vécu. Je confectionne des abat-jour de luminaires à partir de ces pellicules. J’explore chaque image des bobines que je me procure auprès de collectionneurs, j’en choisi les morceaux que j’utiliserai en fonction d’un code couleur, d’un thème ou d’une ambiance. Et je les assemble au gré de mon envie pour obtenir mon abat-jour, qui une fois mit en lumière retranscrit une histoire. Je réalise également divers objets, accessoires et bijoux comme des bracelets avec des négatifs photos ou pellicule de films récréactifs (films fixes), des marque-pages avec d’anciennes diapos, des boucles d’oreilles avec des bobines de film Super8.

Tiffany DI GENNARO